Bukavu  1958 - 1959
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La Rhétorique ! Troisième Trimestre

34 Snapshots.
35 La dernière ligne droite.
36 Orientation à l’honneur.
37 Le triomphe au lieu du désastre.
38 Le bateau s’achève.
39 Le VICTORY, valeur sûre !
40 Implications religieuses.
41 Implications musicales, sportives…et familiales.
42 Cimetière subaquatique et traditions tribales terminées !
43 Et pendant ce temps-là…
44 La rançon de la gloire… pour le sport comme pour la gym !
45 Et le port du costume devint une sale manie…
46 La fin est proche !
47 La dernière semaine.
48 Le point d’orgue de l’APEKA.
49 L’heure a sonné.
50 En guise de conclusion…

 

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34 Snapshots.
Ce mois d’avril 1959 fut comme vous l’avez vu très chargé. Toute une série d’événements, excursions, promenades eurent lieu en plus des anecdotes contées dans l’ordre chronologique de la partie précédente. Je vous les livre en vrac.
Activité spectacle : sur la photo 1800, Willy CLAESSENS et Gustave FABRIZI renouvelèrent leur succès « Rock » accompagné de la bande habituelle (Franz ANSIEAU à la guitare, Pierre VANKERKVOORDE au banjo, Jean Pierre LAURENT au mirliton, Jean Marie LIBBRECHT à la batterie, Auguste FABRIZI en retrait et Robbie Halot qui surveille du coin de l’œil son petit copain Jean Marie…
Excursion des Rhétos du Pensionnat à la SUCRAF  aussi. Sur la photo 1801, nos amies ont pris d’assaut le toit du minibus ; on y reconnaît à l’avant sur l’échelle Michèle THULY, Monique MARSIGNY, Catherine DECROËS, un peu cachée, Monique GENIS, Annie THYS, Nicole LEBRUN. Entre les têtes de Monique et Catherine, on voit celle d’Huguette LEBRUN, à côté d’elle, Astrid d’YDEWALLE et à droite Martine CAUWE. Derrière Monique, de profil, on aperçoit Sabine BRIBOSIA.
Promenade le long de la RUZIZI : pour voir l’avancement des travaux de la nouvelle centrale électrique (
photos 1802, 1803, 1804).
Excursions des petits avec Mr et Mme JADOT
photo 1805.
Visite en famille : sur la
photo 1806, chez les VERBOVEN ; de gauche à droite : Didier van de WERVE, Jacqueline VERBOVEN, moi-même et mon frère Jean Pierre. Visite en famille chez Didier après la messe dominicale : photo 1807, je pose à l’entrée de leur villa.
Soirée dansante inoubliable chez notre amie Betsy WYNANDI ; sur la
photo 1808 vous retrouvez à l’avant plan : Christiane CLAESSENS, Mario TRIPEPI, Lucky VANGREEMBERGHE, Annie THYS partiellement cachée ; Alain DELVILLE, Betsy WYNANDI derrière lui ; je reconnais encore le fils BERNIMOLIN et je crois Robbie HALOT derrière lui. À l’arrière,  de droite à gauche : le pied de Xavier DELVILLE, Monique GENIS, Guy VANGREEMBERGHE (le frère de l’autre), moi-même, Catherine DECROËS partiellement cachée par Joseph MOUBAX et ???... Sur la photo 1809, plus complète on voit aussi Willy CLAESSENS et Suzanne SEGERS, Eric MOUBAX, Myriam SEGERS et Xavier DELVILLE et enfin Henri PIETERS est là aussi. Il y a malheureusement plusieurs personnes dont je n’ai plus le nom et ce serait gentil si vous lecteurs, reconnaissant l’une ou l’autre personne non citée, vous puissiez m’en donner l’identité par mail par exemple.
Plus sérieux maintenant la
photo 1890 nous ramène à la dernière réalisation due à notre recteur : l’entrée côté préparatoire où l’on voit le nouveau terminal des bus scolaires achevé.

 

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35 La dernière ligne droite.
Cette fois, ça y est ! Point de vue étude, plus question de reculer, de croire qu’on aura un deuxième essai. Il faut réussir, sinon les tracas des examens de passage nous attendent. Pour ceux qui restent, c’est un demi-mal, mais pour ceux qui comme moi rentraient définitivement ce serait le micmac avec les collèges boulaïa !
C’est vrai, nous rentrions, mes parents l’avaient décidé. Ils ne voulaient pas de famille écartelée : 2 en Belgique et 2 à Bukavu. Passer des humanités à l’enseignement supérieur et universitaire, c’est pas rien ! A 17 ans, le soutien des parents n’est pas négligeable. Enfin la vie est là et s’il faut croquer les fruits de l’adolescence, celui des études n’est pas des moindres. Bref, bien « drillé » par ces années passées auprès d’experts comme les jésuites, j’ai pu saisir toutes les occasions pour mener à bien ce troisième trimestre.
Il n’empêche que la routine culturo-sportive reprit son actualité. Le lundi 13 avril vit le retour des étudiants et du coup, l’on servit le soir un film de divertissement : PEPPINO et VIOLETTA. Les retardataires rappliquèrent le 14. Et le 15 put enfin avoir lieu la traditionnelle remise des résultats. Le train-train reprit et le dimanche 19, le VICTORY écrasa le SPORTING de 5 à 1. Un film documentaire fut proposé aux internes et la IIème Kivu profita du week-end pour faire un hike à SHANGUGU. Le mardi 21 les grands participèrent au ciné-forum « La vallée de la Paix ». Le lendemain, l’Office Suisse d’Expansion vint étaler sa propagande en nous présentant un documentaire sur la Suisse, vous l’aurez deviné !

 

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36 Orientation à l’honneur
Une grande première survint ce samedi 25 avril : Orientation parut en couleur ! Bien sûr ce n’était pas encore Paris Match, mais l’effort était louable et puis, signe des temps, il   faut bien avancer avec les nouveaux moyens. Le même jour, un grand départ : celui du frère PROUVE rentrant quelques temps en Belgique. Ses éclats de voix ne jailliraient plus au détour d’un couloir et sa manière de donner de l’énergie aux boys allait nous manquer. Ce travailleur infatigable menait sa troupe de main de maître. Grâce à lui, nous avions un collège impeccable et dès qu’un entretien ou une réparation se faisait sentir, il savait illico y procéder.
Le lendemain, dimanche 26, fut aussi à marquer d’une pierre blanche car un de nos professeurs : le père VAN DE VIJVER et monsieur BECELAERE nous firent cadeau d’un film scientifique sur les papillons. Que de patience, que d’ingéniosité pour filmer cette évolution ! Quel talent aussi pour tenir en haleine avec ce genre de film les turbulents que nous étions.  Nous avions vraiment beaucoup de chance dans ce collège. Après ce bijou de film, la détente vint avec le film « La marine est dans le lac… ». En sport le même jour, le match de volley fut remporté par le VICTORY (3) contre le STA (2). En basket, nos couleurs ont aussi brillé car le VICTORY l’emporta contre le KFC par le score de  36 à 26. Pour la rhéto : même bouillon que précédemment : « Rhéto – Reste » : 0-2. (Décidément, comme au match précédent, il fut clair que l’arbitre avait été acheté…).
La semaine débuta avec un film pour les poésies : Hélène de TROIE. Il s’ensuivit une semaine assez studieuse mais amputée du vendredi 1er mai fête du travail où à nouveau le sport fut à l’honneur. Sur le marquoir d’orientation on put lire : KFC – VICTORY : 1 – 2 ; en volley : Athénée – VICTORY : 0 – 3 ; ARC – Black boys en basket : 65 – 14 ; foot pour les moyens : Collège – Athénée : 11 à 0 !!! Les jeunes collégiens promettent.

 

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37 Le triomphe au lieu du désastre.
Le dimanche 3 mai fut le jour de la traditionnelle pièce de théâtre interprétée par les élèves et l’un ou l’autre professeur. On se souvient des très grands succès des années antérieures tels que « Le Petit Prince », « Sans nouvelle de l’S-14 », « Le train fantôme », « Bonne nuit Colonel », « REINAERT de vos », « TIJL UYLENSPIEGEL », « Des Hommes comme les autres » et « Ouragan sur le CAINE ». C’est dire l’impatience qui bouillonnait dans les artères des collégiens surtout que cette année, le changement de registre était de taille : une comédie à l’affiche « Good Bye MISTER WAGNER ». Gros succès lui aussi, ce morceau de détente fortement applaudi par le tout Bukavu faillit toutefois basculer en une fraction de seconde dans la panique la plus complète si mon père, acteur de grande expérience n’avait réagi au quart de tour ! Je vous explique.
Le jeudi 30 avril, notre ami Guy NOTTE qui tenait le rôle du sénateur, tomba malade. Catastrophe à 3 jours de la représentation. Le père Préfet, chargé de la régie, se tourna alors vers mon père et lui demanda si au pied levé, il ne pouvait pas le dépanner. Il accepta ayant déjà réussi ce tour de force précédemment à plusieurs reprises en Belgique pour dépanner les troupes théâtrales de ses amis. Il reçut le texte de la pièce jeudi vers 16h00 et avec acharnement, il se mit à l’étude. Evidemment, le nombre de répétitions pour lui fut restreint et il fallut faire avec. Tout le samedi, je lui fis répéter sans relâche son texte ce qui fait que moi aussi à peu de choses près, je connaissais tout le déroulement du troisième acte. Jusque dans les coulisses, pendant qu’il se grimait, je le suivis et lui fis répéter les passages qu’il souhaitait. Le moment venu, je gagnai ma place dans la salle. Tout se déroula très bien à la générale le samedi soir devant tous les élèves. Le premier pari était gagné !
Le dimanche : rebelote, répétition non stop pour être bien sûr de tout et heureusement, dopé par les répétitions le moindre détail sur le déroulement des tirades des autres était aussi connu de mon père. Le soir, devant le tout Bukavu, la pièce se déroula à merveille jusqu’à 10 minutes de la fin où là, l’incident se produisit. En pleine tirade de mon père, le téléphone de théâtre retentit intempestivement ! Connaissant à fond moi aussi le déroulement de la pièce, je me suis dit : catastrophe, il n’y a aucun coup de fil à ce moment de la scène. Je vis tous les acteurs sur scène se pétrifier et leurs regards s’entrecroiser à la vitesse de la lumière… Comprenant qu’il s’agissait d’un couac de taille, mon père réagit au quart de tour et avec tout l’aplomb de son expérience, il s’élança vers le téléphone, l’empoigna l’air courroucé et exploitant un passage antérieur où il s’agissait de harcèlement de journaliste, il inventa sur place une tirade faisant comme s’il enguirlandait son pseudo interlocuteur en le priant de veiller à ce qu’on ne le dérange plus. Il raccrocha violemment et le plus naturellement du monde il s’adressa aux autres personnes en scène en leur disant : « Ah ! Les journalistes, on n’est jamais tranquille avec eux. Enfin, messieurs, si nous en revenions à nos préoccupations ! ». Calmés, rassurés les autres acteurs eurent un léger sourire et tout se passa comme si cet incident téléphonique faisait partie naturellement de la pièce. Le public n’y vit que du feu ! J’eus beau interroger les copains et les copines de la ville, aucun n’avait remarqué le couac ! Enfin, vous comprenez qu’une fois le rideau tombé et les tonnerres d’applaudissements estompés, tout le monde se précipita sur le souffleur, pour « exiger » une explication !
En fait, notre cher souffleur vécut de son côté une aventure pas banale ! Alors qu’il suivait le texte avec sa grosse règle métallique (pour éviter que les pages ne se retournent et perdre ainsi l’endroit où l’on en était dans la pièce), il aperçut du coin de l’œil un mouvement bizarre sur la partie de plancher jouxtant son exemplaire. Quittant le texte des yeux une fraction de seconde, il vit que c’était un rat qui allègrement venait passer sa curiosité. Revenant de sa surprise et craignant une morsure éventuelle, notre ami empoigna sa règle et voulut faire un sort à la bestiole qui évidemment se tailla sans demander son reste. Le mouvement de la règle se termina sur le bouton de sonnette du téléphone de théâtre, créant l’incident décrit ci-avant ! Enfin, tout est bien qui finit bien et le tout se termina dans la joie du drink qui s’en suivit. Cet incident n’est pas relaté dans le fascicule Stella Duce du 25ème anniversaire du collège mais la pièce y est mentionnée.

Les principaux interprètes furent : monsieur BRADFER, prof à la section préparatoire, mon père Raphaël ANSIEAU, prof dans la même section, Pierre SAILLEZ, Jean LEBRUN, et bien sûr notre ami Guy JOANIDES. Les décors furent élaborés par le père CUVELIER.

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38. Le bateau s’achève.
Rappelons-nous que dans son discours inaugural de cette année académique, le père Recteur CROENENBERGH avait rappelé qu’à son départ en 54, le collège comptait 650 élèves. En 58-59, nous étions 952 à la rentrée et début janvier, nous atteignîmes les 975. Du côté des préparatoires, le drapeau flottait en l’honneur du 500ème élève !
Sous l’impulsion de notre Recteur, le collège fut enfin terminé et en ce mois de mai, le côté préparatoire voyait sa nouvelle tour opérationnelle. Ce dernier « donjon » du côté de N’Guba avait des locaux charmants dédiés   aux tout petits de la section maternelle. Il est vraiment dommage que 49 ans après presque jour pour jour, les séismes qui ont ravagé Bukavu provoquèrent la chute de la toiture et la démolition de quelques parties de murs. Nous sommes toutefois confiants en la volonté de réparations valables des responsables locaux et en l’énergie que déploie l’association des anciens sur place.

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39. Le VICTORY, valeur sûre !
Le père JANSENS, ancien centre-avant de notre fabuleuse équipe, prit les choses en main et dirigea celle-ci avec brio. Avec lui, Monsieur DUCHATEAU l’entraîneur et Monsieur DUSSE le sélectionneur réussirent à rendre à l’équipe son homogénéité d’antan. Ils amenèrent le VICTORY au faîte de sa gloire et du succès, si bien qu’il remporta la fameuse coupe de l’EST. Parmi les joueurs nous retrouvions Monsieur WHESTOVENS, Monsieur MORTIER et Monsieur MOENS (dit MUPANGA, ce qui veut dire machette en swahili) ; ceux-ci étaient entourés entre autre par les frères VANGREEMBERGHE, (Luc et Guy), Pierre SAILLEZ, WOUTERS, les frères TRIPEPI (Serge et Mario), Gustave FABRIZI, Jean DEPELCHIN, Yvon BULTOT et André BOLLO. Comme avant son départ en 1954, le père Recteur assistait à tous les matches du VICTORY ! Point de vue volley, le VICTORY remporta aussi la coupe 1959 de ce tournoi ! Quel cumul … La
photo 1811 montre une des compositions de l’équipe du VICTORY.

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40 Implications religieuses.
Note : dans la série de photos :
1812, 1813, 1814, 1815, 1816, 1817, 1818, 1819, 1820, 1821, 1822, 1823, 1824, 1825 et 1826, qui s’y reconnaît !!!  Merci de nous le faire savoir !
Le jeudi 7 mai 1959, jour de l’Ascension, fut aussi le jour des communions solennelles. Cet événement fut grandiose par le nombre élevé de communiants et de communiantes ! Il y eut aussi bien des cérémonies au collège qu’à la cathédrale. Sous un soleil généreux, le contraste entre les robes blanches des communiantes et les costumes foncés des communiants coupait le souffle des parents, amis et connaissances qui les voyaient défiler d’un œil attendri dans la montée vers la cathédrale. Le sérieux avec lequel les enfants participaient aux diverses cérémonies fut remarquable !
Mes parents furent invités chez Monsieur COLIN, magistrat à Bukavu, dont le fils était dans la classe de mon père. La belle température leur permit  de passer beaucoup de temps dehors. Les photos
1827, 1828, 1829, 1830, 1831, 1832, 1833, 1834, 1835, 1836 et 1837 illustrent comment pouvait se passer une réception en famille…
Je mis à profit ce jour pour rencontrer quelques amies et amis, puis échéance oblige, je rentrai chez moi rouvrir mes bouquins pour préparer les épreuves que ces chers jésuites nous concoctaient régulièrement.

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41 Implications musicales, sportives…et familiales
Au collège, le 8 mai, Mr et Mme VAN DER VORST présentèrent avec leurs élèves un récital qui recueillit beaucoup de succès ! Durant ce grand congé, les petits en profitèrent pour participer à une excursion à SHANGUGU pendant que les moyens envahissaient la « MICHAUDIÈRE ». Continuant sur sa lancée de succès, notre équipe de volley battit l’ARC 3 à 1 le samedi 9 mai.
Le collège comptait tout de même un fameux paquet d’externes c’est pourquoi, je crois bon de raconter quelles étaient aussi les activités que l’on pouvait avoir en famille, car l’esprit d’ouverture si présent au collège déteignait sur nos familles. Le dimanche 10 par exemple, beaucoup de jeunes (filles et garçons) rejoignirent le collège pour découvrir avec les internes Guy et Monique FALLOT, violoncelliste et pianiste, dans le cadre des jeunesses musicales. A midi ce jour là, nous recevions à dîner une copine de mon père, religieuse à Kindu, avec une de ses collègues. Ce fut un plaisir de partager le repas avec ses religieuses bourrées d’humour et d’enthousiasme. L’après-midi, les familles COLIN et DOTREMONT rappliquèrent et participèrent à la joie de cette rencontre. (Photos
1838 et 1839). Ce qui est amusant, c’est que nous n’avons jamais su le nom religieux de cette sœur, mon père l’appelant toujours par son prénom civil : Léonce. Ce même après-midi, le VICTORY enfonçait le BFC 2 à 1.
Du lundi 11 au vendredi 15 mai, une belle semaine studieuse nous attendait, sans dérivatif ! Nous mîmes les bouchées doubles pour étudier surtout que le week-end s’annonçait intéressant. Il commença par une belle soirée le samedi 16 mai, en famille à nouveau, mais cette fois chez les VERBOVEN car mon amie Christiane fêtait ses 18 printemps. Plusieurs représentantes du Pensionnat de la Sainte Famille étaient donc présentes et évidemment, le Collège n’était pas en reste. Une très belle surprise-party nous fut proposée et bien sûr les photos ne manquèrent pas. Je vous en propose deux sur lesquelles plusieurs se reconnaîtront bien jeunes! Sur la
photo 1840, on voit accroupis le père VERBOVEN, Freddy SAERENS je crois et l’incontournable Jean Marie LIBBRECHT. Sur chaises nous voyons de gauche à droite : monsieur SOLHEIT, titulaire de 5ème préparatoire arrivé l'année précédente, Annick COEURDEROY, 2 demoiselles sont je n’ai plus le nom et Francine VERBOVEN (toujours très sérieuse… hum). Debout, Mme VERBOVEN, Henri PIETERS devant un couple dont je n’ai plus les noms, le fils BERNIMOLIN, derrière lui ???, ensuite Christiane, moi et Eliane VERBOVEN et derrière nous le fils VERWIMP. Sur la photo 1841, Mme VERBOVEN, Christiane, Eliane et moi sommes en grande discussion… entre deux danses. La soirée fut inoubliable, le père VERBOVEN ayant fait ce qu’il fallait pour fêter sa fille. La fraîcheur de la soirée épongeait nos transpirations suite aux rocks que nous exécutions en veston s’il vous plaît ! Nous dégustions avec nos cavalières, sur la terrasse, d’excellents whisky-cocas ou gin-cocas bien glacés (mais savamment dosés par le paternel VERBOVEN pour éviter les débordements) tout en fumant ces fameuses BELGAS rouges fabriquées au Congo. Quelle ambiance, mes aïeux ! Quels souvenirs pour nous ; nous nous figurions embarqués dans un film hollywoodien, sous les tropiques ! Enfin, comme il se devait à l’époque, vers 00h30, mon paternel vint me récupérer, mais comme nos familles se connaissaient bien, le père VERBOVEN voulut faire aussi profiter le père ANSIEAU  des douceurs tropicales, ce qui me permit de jouer les prolongations (ce qui m’arrangeait très bien…). Ce fut donc après quelques whiskys précieusement répartis dans le temps que mon père se décida à me ramener. Soirées dansantes sous la nuit douce du bord du lac Kivu… souvenez-vous mes amis, quel pied !

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42 Cimetière subaquatique et traditions tribales terminées !
En sortant des brumes de la nuit, l’esprit anesthésié par les heures agréables de la veille, je réalisai entre deux
bâillements  que mon frère n’était pas avec nous. Ma mère me rappela qu’il était parti faire un mini camp avec sa troupe scoute dans un village du Ruanda au dessus de SHANGI et DENDEZI et qui s’appelait : NYAMASHEKE (photo 1921). Parti depuis le vendredi, il devait revenir le lundi de Pentecôte fin d’après midi. Cela me fit réaliser qu’on était le jour de la Pentecôte et qu’il fallait que je me grouille pour ne point rater la messe à la cathédrale, celle du collège étant terminée depuis belle lurette ! Trèves de cavalcade entre lit, salle de bain et salle de séjour, nous arrivâmes tout de même dans les temps et en ressortant de l’office dominical, j’émis l’idée d’aller rendre visite au frérot juste après dîner. Ma mère trouva l’idée excellente et mon père n’eut plus qu’à suivre. De toute façon, c’est moi qui conduirais, ce qui lui permettrait de goûter au nouveau vin arrivé chez KINO en ville. Après dîner donc, se calant bien à l’aise sur la banquette arrière de la voiture, il fit une bonne sieste pendant que ma mère et moi, parlant de choses et d’autres, roulions  tranquillement sur les routes du Ruanda. Pour la circonstance, j’avais revêtu mon uniforme de routier puisque j’allais retrouver des scouts. Ma guitare était dans le coffre pour pallier tout impératif de feu de camp éventuel…
Vers 16h00 heures, nous arrivâmes et les retrouvailles avec les copains furent chaleureuses. J’arrivai en fait au moment où les scouts s’apprêtaient à entreprendre une expédition peu commune et pour tout vous dire surprenante !
Je vous explique. La veille au soir (pendant que je dansais langoureusement sous les tropiques) le curé du coin, invité au feu de camp, raconta aux scouts que grâce à l’arrivée des missionnaires au début du siècle, on parvint à arrêter une tradition locale assez cruelle qui consistait à emmener les filles mères pour les punir, sur une île située à plus ou moins 500 mètres du bord du lac. Cette île d’une superficie  d’à peine 10 mètres sur 10, ne dépassait la surface du lac que de quelques décimètres tout au plus ! Lorsqu’une fille non mariée se retrouvait donc enceinte, elle était mise au ban de la société et obligée de se laisser mourir sur cette île ! L’honneur de la famille était ainsi lavé. Il n’en fallut pas plus pour que l’imagination des collégiens ne cavale dans tous les sens et l’on émit l’idée qu’avec les tempêtes brutales et tumultueuses que le lac pouvait présenter (souvenez-vous de la trombe  de 1955 qui emporta une bonne partie des touques de la brasserie de Bukavu), les cadavres de ces personnes avaient dû être emportés par les remous puisque l’île affleurait à peine. Étape suivante dans ces réflexions macabres : mais alors, tout autour de l’île, le fond doit être jonché de squelettes ! Evidemment, il y en eut un de la bande pour dire : « la meilleure façon de le savoir, c’est d’aller voir ! ».
La grande habitude des jeux aquatiques des collégiens, les allers - retours systématiques du plongeoir du collège à celui du gouverneur et le fait d’emporter une dizaine de matelas pneumatiques bien gonflés pour assurer un appui aux éventuels fatigués acheva de convaincre les chefs et l’aumônier ( notre cher père SOMERS).
C’est en fait à ce moment là que j’arrivai avec mes parents, trouvant la troupe en pleins préparatifs pour cette expédition. Bien sûr, ils m’embarquèrent dans l’aventure ; on me trouva un maillot et comme mon copain Didier van de Werve était prévoyant, il avait apporté avec lui quelques masques et palmes, prélevés sur le stock du magasin de papa (Bel Article, souvenez-vous). Nous étions plein d’entrain.
La mise à l’eau s’effectua, les plus grands encadrant les plus petits autour des matelas bien gonflés ; la sécurité était bien assurée. Le temps bien ensoleillé ne laissait aucun doute sur le calme des eaux. Fallait tout de même pas traîner car à 18h30, on n’y voit plus. L’instant de vérité approchait et nous eûmes bientôt pied. Didier me prêta un masque et l’estomac tout de même un peu serré, après une bonne goulée d’air je plongeai ma tête sous l’eau. Là, surprise ahurissante : à perte de vue, des cages thoraciques, des tibias, des fémurs, des bassins, enfin des ossements humains à la pelle gisaient quelques mètres en dessous de nous !
Ceux qui avaient des palmes purent aller plus bas et ramenèrent sur le bord de l’île de quoi reconstituer à peu près deux squelettes entiers… enfin presque, car il apparut très vite une anomalie de taille : pas un seul crâne à l’horizon ! Situation pour le moins bizarre : des squelettes à perte de vue et aucun crâne. C’est en me posant des questions et en remontant sur l’île que vers un
mètre de profondeur, j’eus la désagréable surprise de mettre mon pied sur quelque chose qui ne manquait pas de piquant. Réajustant mon masque, je regardai sous eau et vit soudée à un rocher une mâchoire inférieure à laquelle il ne manquait aucune dent ! A l’aide d’un « gilwell » (ce bon vieux couteau scout) celle-ci fut rapidement descellée et je pus admirer sous toutes ses coutures cette dentition impeccable. Je restai perplexe devant cette mâchoire en pensant à sa propriétaire qui dut être assez jeune de par la taille de cette mâchoire. Que de souffrances n’a-t-elle point enduré ! Heureusement que les missionnaires sont arrivés pour mettre fin à ces cruelles traditions tribales !
Le temps passant très vite, le signal du retour fut donné ; la prudence était de mise. Les plus petits montèrent sur les matelas, des grands les poussaient tout en nageant. Nous fûmes rentrés après un petit quart d’heure et ce avec un appétit féroce du fait des efforts fournis. Essuyés, séchés et rhabillés, nous fîmes un sort à la cantine de pain, au sirop et aux fameuses boîtes  de fromages KRAFT à la lueur des lampes COLMANN et des feux de patrouilles allumés çà et là par ceux qui étaient restés à terre.
Evidemment, puisque j’avais amené ma guitare, les copains insistèrent pour que je reste au feu de camp du soir et que je rentre avec eux le lendemain. Mes parents se laissèrent convaincre sans problèmes ; l’un me prêta une couverture, l’autre une bâche, un troisième un essuie-main et quelques effets de toilette rudimentaires (on est en brousse ou on ne l’est pas !) et je pus ainsi terminer le camp avec eux le lendemain lundi.
Ce soir-là, tout le répertoire de chants scouts y passa ainsi que quelques « Brassens, Brel, Béard et Bécaud » ; guitare et harmonica s’en donnèrent à cœur joie. Ce fut aussi autour de ce feu de camp que le mystère des crânes disparus fut éclairci. Le père blanc, curé de la mission, invité à nouveau à passer la soirée avec nous nous révéla qu’une mission scientifique envoyée par une université américaine était venue l’année d’avant et avait emporté tous les crânes qu’ils avaient pu trouver pour, paraît-il, effectuer des études anthropométriques…Ces gens avaient tout raflé ! Enfin presque car, intrigués par notre récit les frères van de Werve retournèrent camper deux jours sur l’île et là, en creusant sur l’île, ils découvrirent des morceaux de crânes, mais aucun entier. (Bien sûr, on n’entendit jamais parler des résultats de ces études ; si quelqu’un émigré aux States avait entendu parler de cela, ce serait bien d’avoir des échos en retour…)
Décidément, ce collège nous aura donné l’occasion de vivre des choses peu communes. Quand ce n’est pas l’escalade de volcans, c’est la descente de la RUZIZI en partie à la nage ; ce sont les marches forcées au KAHUZI avec la traque de la Force Publique pour retrouver les égarés, les jeux de nuits à la dure et maintenant … la pêche aux squelettes !
Enfin, le lendemain le camp se termina dans la plus pure tradition avec « repliage » du matériel, bouclage des sacs et chant d’  « au revoir mes frères… ». La rentrée vers Bukavu dans ces traditionnels camions à bennes en bois se fit dans la joie et nos chants fusaient tout en admirant un splendide coucher de soleil éclaboussant de couleurs vives les rives du lac et renforçant l’allure grandiose de la chaîne du KAHUZI.
Qu’est-ce que j’ai bien dormi cette nuit-là en retrouvant mes plumes après autant d’activités…

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43 Et pendant ce temps-là…
L’activité scoute avait déferlé sur Bukavu. Pendant que la troupe de la Cathédrale vivait sa macabre aventure, celle du collège avait mis à profit le congé pour construire une tour pilote derrière leur local. De leur côté, les CP et SP de la IIème Kivu étaient partis en bivouac à HONGO, la meute investit la MUKUGWE et la 20ème Kivu campa à SHANGUGU. La semaine qui s’en suivit fut très riche en échanges de souvenirs entre tous ces collégiens aux récréations.
Le samedi 21, le père JANSENS nous proposa en ciné-forum le film « ATTACK » de Robert ALDRICH avec Jack PALANCE en vedette. Ce film fut pour plusieurs d’entre nous une révélation, car on découvrait un cinéma « vérité » comme encore jamais vu sur l’armée américaine ! Finis les films à la John Wayne où l’armée du sauveur, ne comptant que des héros devait gagner. La triste réalité de la vie nous apparaissait ; de vrais officiers veules et salauds, des soldats exploités, des magouillages de ploucs ne voyant que les dollars à piquer ; tout cela jouxtant des soldats honnêtes et des officiers qui essaient de faire vraiment leur boulot. Il était grand temps pour nous qui allions rentrer dans la vie d’adulte d’avoir des films de ce genre pour remettre en place de grandes vérités et ne pas se laisser intoxiquer par les histoires à la Fred Astaire, Sinatra et autres miroirs aux alouettes américaines.
Le lendemain 22, les 4èmes latines innovent en invitant leurs parents à une séance de classe. Le samedi 23, mes activités de route me retenant à KADUTU, mes parents et mon frère partirent pique-niquer au TANGANYKA ; les photos
1842 et 1843 vous montrent mon frère et ma mère prenant du bon temps sur une plage naturelle, chose inexistante au lac Kivu (celle de KYSENYI au RUANDA étant artificielle). Le dimanche 24, diverses activités furent proposées. Tout d’abord fut organisée une série de courses cyclistes blancs et noirs confondus. Ce fut l’occasion pour Daniel BOULET de s’illustrer en remportant la course « amateurs » tandis que Luc VANGREEMBERGHE triomphait dans la course des « As ». En fin d’après midi, les élèves assistèrent à la pièce flamande « PARADIJ’S VOGELS » par la Société Théâtrale Flamande de Bukavu. Pour boucler le tout on nous proposa un film : « La charge héroïque ».
La semaine qui suivit du 25 au 29 mai fut hyper studieuse et ce n’est que le 29 au soir que le ciné forum des rhétos rouvrit le robinet des activités culturelles avec le célèbre film « Les nuits de CABIRIA ».
Le samedi 30, tous les mouvements de jeunesse fourbirent leurs insignes, bottines et autres pièces d’équipement car le lendemain dimanche 31 mai, ce fut l’inauguration de l’église de KADUTU et tous les jeunes noirs et blancs, marquèrent cet événement par un grand défilé.
La
photo 1844 montre la clique des XAVÉRIENS attendant le départ. Sur la photo 1845, on voit la haie formée par des jeunes gens congolais de l’endroit et regardant défiler les différents mouvements de jeunesse catholique : ici une groupe des filles de Marie, du pensionnat. Sur la photo 1846, la troupe de KADUTU défile. A un autre endroit, toute une série de troupes arrivent les unes derrières les autres : photo 1847. Sur la photo 1848 la troupe de BAGERA passe sous le soleil généreux. Sur la 1849, un morceau de la troupe de la Cathédrale nous montre entre autre le père SOMERS avec à côté de lui en léger retrait Suske VANDERICK et à l’avant plan, mon frère qui sourit. Si quelque lecteur pouvait retrouver le nom des deux premiers, ce serait chouette ! Juste après, on voit le début de la troupe du camp SAYO.
Je reconnais avoir eu un privilège spécial de la part du curé de KADUTU, car il me permit de monter sur la plate-forme située à l’avant de l’église et de là photographier différentes phases du défilé :
photos 1850, 1851, 1852, 1853, 1854, 1855, 1856 et 1857. Un office grandiose s’ensuivit et, comme de bien entendu, Monseigneur Van STEEN présidait la cérémonie entouré d’un nombreux clergé : prêtres noirs et blancs regroupés. Après cette grande manifestation religieuse, nous retournâmes dans nos pénates, la faim se faisant tout de même sentir ! La plupart des collégiens prirent d’assaut les bus gris style « schoolbus » américains qui les attendaient deux rues plus loin ; quelques autres préférèrent le camion à benne de bois de Félix notre célèbre chauffeur et tout le monde s’en alla joyeusement faire un sort à son dîner.
C’est qu’il ne fallait pas traîner, car l’après-midi, un match nous attendait : RAC – VICTORY. Une nouvelle fois, notre équipe s’imposa par une marque ahurissante : 0 à 7. Je ne vous dis pas : la soirée fut euphorique au collège !

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44 La rançon de la gloire… pour le sport comme pour la gym !
À force de vaincre avec brio, il ne faut pas s’étonner que le mardi 2 juin le VICTORY fut sacré champion 1959 ! Cette consécration par sa victoire permit d’offrir offrit aux collégiens le film « La tulipe noire ». Le reste de la semaine fut calme et les études ronronnaient du travail quotidien. Le soir en classe, nous bûchions d’arrache pied les théorèmes, corolaires et recherches d’intersection de coniques…
Malgré la victoire des aînés au VICTORY, les collégiens ne purent rien une fois de plus devant la suprématie de l’équipe congolaise de NYA NGEZI (1-2) le samedi 6 juin. Ces jeunes congolais étaient vraiment des flèches sur le terrain ! Souvent lors de ces matches, les huiles assistaient aux rencontres du haut de la barza ; sur la photo 1858, on voit notre recteur, le père CROENENBERGH et le frère directeur BAUDOUIN de la section préparatoire en train de discuter de ce qui se passait sous leurs yeux.
Le dimanche 7 juin, le VICTORY (volleyball) reçut également la coupe. Décidément, nous raflions pas mal de prix ; 1959 fut donc une année faste.
Un grand jour arriva ; nous le préparions depuis plusieurs semaines avec notre talentueux professeur de gym : monsieur ZAMAN : la fête de gymnastique ! En plus des cours de gym, nous allions le rejoindre en dehors des heures de cours pour nous entraîner à la salle de gym. Mr ZAMAN n’avait pas son pareil pour nous motiver, nous « driller » et surtout coordonner tous nos mouvements. En ce samedi 13 juin 1959, sur la merveilleuse plaine sportive située à l’avant du collège (photo 1859), terminée en 1957 (et malheureusement squattée par une congrégation de religieuses qui ont carrément bâti sur la piste vers 1992), nos familles purent découvrir le fruit de nos efforts. La fanfare du collège précédée de notre célèbre tambour major Robert MORTIERS, amena d’abord les jeunes athlètes sur le terrain (photo 1860). On y devine à gauche Yvon BULTOT, puis à droite de Robert, Charles BORGERS et enfin, le dernier tambour major à droite : Charles de SEMMERIES.
Les aînés passent en face de la tribune (
photo 1861) ; le troisième avec des lunettes foncées, c’est moi et entre les 2 montants au milieu, on voit André BOLLO ; juste après le montant, on distingue Yves GILON. La photo 1862 montre la précision de nos alignements, une des fiertés de notre professeur. La photo 1863 montre la fin des exercices d’ensemble et le départ des groupes qui laissent la place aux exercices spéciaux réservés à une équipe d’élite. Sur la photo 1864, on voit le saut au buck, sur la photo 1865 une combinaison buck  – cheval d’arçons et sur la photo 1866 notre grande vedette aux barres parallèles : notre ami PARTOENS. Sur la photo 1867, on voit une autre partie du défilé et sur la 1868, un dernier exercice au « plint ».
Des numéros spéciaux comme la marche sur les mains étaient l’apanage de certains, (notamment Gustave FABRIZI). D’autres firent des démonstrations d’équilibre sur les bômes. Je n’ai malheureusement pas de photos du numéro final, apothéose de l’enseignement de notre cher Mr ZAMAN. En fait, une bôme était fixée entre deux montants maintenus par une multitude de haubans avec tendeurs métalliques. Sur celle-ci située à une quinzaine de cm du sol, une selle de bôme avec deux poignées était fixée fermement et notre ami Mario TRIPEPI saisissant celles-ci, faisait le poirier les jambes bien écartées en magnifique V et attendait bien calmement dans cette position. Nous étions 5 sélectionnés et à la suite les uns des autres, avec un intervalle de 7 à 8 mètres, nous nous élancions à fond de train, rebondissions sur le tremplin disposé un peu avant Mario et faisions le saut périlleux entre ses jambes. Mr ZAMAN, un genou en terre près de Mario, veillait au grain.
Toujours très calme, Mr ZAMAN fut tout de même assez ému de l’ovation finale qui lui fut faites par le public après ce dernier exercice.
Juste après l’exhibition de gymnastique, une merveilleuse équipe de gonfaloniers exécuta un numéro grandiose intitulé : « La création du Monde ». Leurs évolutions subjuguèrent les spectateurs. La grâce et la dextérité des artistes faisaient oublier la force avec laquelle ils devaient pourtant manipuler et faire tournoyer leurs magnifiques drapeaux. Le final avec le jet des drapeaux vers le ciel déclencha un tonnerre d’applaudissements. (Note : ici aussi, je n’ai malheureusement pas de photos ; si jamais un lecteur en avait, qu’il se donne à connaître à notre webmaster !)
Enfin, suite à cet après-midi si intense, nous eûmes le repos du guerrier car, une fois rafraîchis, douchés et changés, nous revînmes sur la plaine transformée rapidement en super guinguette. Nous y retrouvâmes les copines du pensionnat venues suivre les évolutions qui d’un frère, qui d’un petit copain… nous nous sentions soutenus quoi ! Sur la
photo 1869 on devine (la photo est malheureusement abîmée) Nicole LEBRUN à côté d’Yvon BULTOT, Albert QUINTENS et Astrid d’HYDEWAELE. Sur la photo 1870, la foule envahit la plaine. Sur la photo 1871, on voit de manière plus précise une partie d’Yvon, Albert, Astrid et Jean Pierre SUITTOR à côté de Monique MARSIGNY.
Parallèlement à cette fête de gym, il y avait aussi une superbe exposition de maquettes de bateaux entièrement réalisées par les élèves. Sur la
photo 1872 Albert présente sa vedette téléguidée et sur la photo 1873, on voit cette vedette en évolution sur le lac près de la Botte.
Ce fut une journée magnifique qui resta gravée dans la mémoire de pas mal d’entre nous et des gens de la ville. Une fois de plus, le collège avait marqué de son empreinte la vie de BUKAVU.
Le dimanche 14 juin le match Bukavu – Usa donna le score de 0 – 1 ! Il y eut également le « dîner fédéral de la coupe de l’EST 1959 ». Après toutes ces péripéties, une bonne semaine d’étude et d’examens nous attendait. Le coup d’envoi final était donné et l’on travaillait dur. Le samedi 20, une détente bien méritée nous attendait : la fête du père Recteur. Cela commença par les photos (tant que les capitulas et chemises étaient encore propres et frais) et la photo 1874  est la photo traditionnelle des autorités religieuses avec les externes des humanités. Pour nous elle prenait une valeur toute particulière : c’était la dernière ! Je crois que cette photo vous offrira de quoi vous dégraisser les méninges pour reconnaître qui est qui. J’entame les festivités, j’espère que des lecteurs combleront les vides…
Entourant le père de WILDE (barre à mines) notre préfet de discipline, le père Recteur et le père VIVEX le surveillant des externes, à peu près tous les externes de la sixième à la rhéto sont là ! Ceux de notre rhéto sont à peu près tous réunis. On les retrouve en haut. De gauche à droite on voit Henri PIETERS (portant des lunettes noires), Auguste FABRIZI, Christakis CHARALAMBIDIS, Victor HERMAN, Franz ANSIEAU, Charles BORGERS (assez caché), derrière : Gustave FABRIZI portant aussi des lunettes noires, Klaus HUYS, à moitié caché Albert QUINTENS et très visible : Willy CLAESSENS et Josef MOUBAX. Un peu plus loin, on voit nettement contre le mur Guy VANGREEMBERGHE. On reconnaît parmi les grands Eric MOUBAX, Guy DELHAYE, Luc VANGREEMBERGHE, et un des fils de Mr MORTIER. Au 3ème rang à partir du bas et à gauche, en gilet noir et coiffé à la brosse, notre webmaster Jean Marie HOCK est entouré de Stéphan STRAPPART et de Ludovic FABRIZI. Remarquons aussi que parmi nous, plusieurs Congolais sont présents. Léopold AISSI qui est le premier Congolais non métis à avoir rejoint nos classes témoigne de cela dans un article ; il est arrivé chez nous en 1955 et vers 58-59, une centaine d’élèves congolais  fréquentaient régulièrement les cours au collège, surtout en section préparatoire. Contrairement aux idées reçues, l’intégration des élèves congolais dans des écoles précédemment réservées aux blancs était entamée bien avant l’indépendance.
Ce même jour, les jeux de la Saint Louis eurent rapidement raison de la blancheur des capitulas. Trois matches furent programmés : profs contre élèves : au foot (0-4), au volley (2-3) et au tennis : seule discipline où les profs ont gagné ! Quelle liesse ce jour-là : les profs battus dans 2 disciplines sur 3 !
Le lendemain dimanche 21 le tout Bukavu se retrouva à KAMEMBE où nous eûmes droit à un petit meeting aérien qui impressionna grandement les Congolais surtout lors des piqués des avions militaires de KAMINA vers le public ! Ceux-ci, n’ayant jamais vu que des avions de ligne, ne pouvaient imaginer qu’un avion pouvait se jeter délibérément vers le sol sans risque ce qui entraîna une débandade énorme, car ils croyaient que l’avion allait terminer sa course sur le sol au milieu  des gens. Enfin, après deux ou trois piqués, tout rentra dans l’ordre et les applaudissements suivirent. Suite à ces démonstrations d’avion, nous eûmes droit à un rallye voiture avec épreuve sur la piste d’atterrissage. Sur la
photo 1875, on voit une Chevrolet, sur la photo 1876 une VW, sur la photo 1877 une Jaguar, sur la photo 1878 un cabriolet et sur la photo 1879 une Mercédès… En fin de journée, un film de guerre « Les démons de la mer » vint clôturer cette journée bien remplie.

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45 Et le port du costume devint une sale manie…
A nouveau une semaine très studieuse et pleine d’examens nous attendait. Ce furent aussi les examens devant jurys où nous échangeâmes nos capitulas et chemises de brousse à col bien ouvert contre les « tubes » (longs pantalons), la chemise blanche, la cravate et le veston. Nous devions nous y faire ! Dans le futur que ce soit à LOVANIUM ou en Belgique, nous devrions passer nos examens dans cette tenue à l’instar de nos confrères d’Europe. Maigre consolation : nos profs et nos examinateurs invités étaient dans la même tenue que nous et, le stress en moins, avaient aussi chaud que nous. Ce fut tout de même supportable, car n’oublions pas qu’à Bukavu, le lac est un grand régulateur de température et qu’elle est donc rarement accablante !
Fin de semaine
<,> un événement citoyen de taille, important pour la vie de la région, eut lieu : l’inauguration officielle de la commune de KATUTU. Les autorités belges remirent les clefs de la maison communale au bourgmestre congolais  et inaugurèrent toutes les infrastructures construites pour les autorités et la population congolaises par l’OCA : Office des Constructions Africaines dont le directeur n’était autre que Monsieur VERBOVEN. Des remises de présents eurent lieu ; des festivités s’ensuivirent.
Sur la
photo 1880, sous le regard de Mgr Van STEEN, le gouverneur remet des présents à une Congolaise méritante. La photo 1881 montre une autre vue de l’endroit. La photo 1882 montre une vue de l’ensemble de la place. La photo 1883 illustre une autre remise de cadeaux. Sur la photo 1884, madame VERBOVEN remet à son tour des présents accompagnée du bourgmestre de KATUTU. Un moment important est immortalisé sur la photo 1885 : le cordon d’honneur de la maison communale est enfin coupé par le gouverneur ! Sur les trois photos suivantes, la salle conviviale accueille blancs et noirs autour du verre de l’amitié. Sur la photo 1886, mes parents sont attablés avec le gouverneur, quelques officiels ainsi que Mr et Mme VERBOVEN. Sur la photo  1887, un groupe vocal égaie la rencontre. Leurs chansons sont suivies avec intérêt par les VERBOVEN, les officiels et mes parents sur la photo 1888. Rappelons nous que nous sommes en 1959 et que ce genre de cérémonie avait déjà eut lieu dans pas mal d’autres villes, n’en déplaisent aux détracteurs de notre présence coloniale…

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46 La fin est proche !
Nous avançons doucement mais sûrement vers la fin juin. Les soirées dansantes se multiplient chez les grands externes avant le retour en Belgique. Sur la photo 1889 je suis pris en photo avec un des jeunes instituteurs du collège et nous nous préparons à partir pour la soirée dansante travestie chez Pierre SAILLEZ. C’est aussi la semaine où l’on veut stigmatiser nos mémoires et du coup c’est la corrida des photos « souvenir ». Sur la photo 1890, Jean Pierre SUTTOR à gauche imite Mr PASS, prof de math en seconde scientifique et titulaire de celle-ci et sur la 1891, l’équipe studieuse montre comment nous pratiquions le soir au lieu d’aller à l’étude comme je vous l’ai expliqué précédemment. Sur la photo 1892 Jean Pierre à nouveau pique un sprint pour revenir en classe ; à sa gauche et de profil Yves GILON cache deux copains et à sa droite on voit Pierre SAILLEZ, Pol de LIL, Alain DELVILLE et Josef MOUBAX. La photo 1893 surprend Mr WESTHOVENS en train d’expliquer quelque chose à Pierre SAILLEZ. Sur la photo 1894 votre serviteur étudie avec sérieux ( !). Sur la photo 1895, c’est Yvon BULTOT qui se prête au jeu de la vérité studieuse. Sur la photo 1896, notre grande vedette André BOLLO toujours le sourire aux lèvres, trône parmi ses livres ouverts mais nous savions tous qu’il lui suffisait d’ouvrir un livre pour que la page qui apparaissait soit imprimée directement dans sa mémoire ! Notre Gaston VANDERWILT nous avait tout de même appris des choses extraordinaires et sur la photo 1897 j’expose aux copains un de ses théorèmes un peu farfelu. Albert QUINTENS était le spécialiste en épure ! Doté d’une patience d’ange et d’un talent confirmé, il avait aussi un très bon matériel et nous époustouflait tous avec ses réalisations: photo 1898. Il excellait aussi à dessiner les épures au tableau, la photo 1899 se passe de commentaires, sa précision et sa clarté y sont vraiment démontrées.
Dans la classe d’à côté, chez les économistes, Charles BORGERS est aussi en plein effort d’étude … photo 1900 !
Mais le temps passe vite ! Le vendredi 26 juin nous avons une belle conférence dans le cadre d’explorations du monde accompagnée d’un beau film sur les trésors de l’Ancienne Egypte (SAMUEL et GIDOU). Le dimanche 28 : match entre le collège St Paul et les jeunes du VICTORY et comme d’habitude nos amis congolais nous pilent par un score de 2 à 0. Le soir on passe le film documentaire relatant notre fête de gym ! Je lance ici un appel : qui pourrait nous dire ce que ce film est devenu. Nos braves pères d’HEVERLEE qui ont pourtant pas mal d’archives n’ont pas pu nous le dire. Si quelqu’un le savait, qu’il n’hésite pas à nous envoyer un message par l’intermédiaire du livre d’or de ce site.
Une cérémonie traditionnelle fut aussi effectuée : la remise des drapeaux du collège par les rhétos en partance aux futurs rhétos. Sur la
photo 1901 on voit Jean DEPELCHIN et André BOLLO qui viennent remettre leur drapeau. Des trois poètes qui reçoivent les drapeaux, on reconnaît très nettement à droite Guy NOTTE. Si d’autres se reconnaissent qu’ils le fassent savoir aussi ! Derrière de gauche à droite, on reconnaît Jean Pierre LAURENT, Josef MOUBAX et Willy CLAESSENS ; juste derrière l’épaule de Jean DEPELCHIN on discerne la tête d’Auguste FABRIZI et ses lunettes foncées.
Illustrée aussi sur la
photo 1902, une déchirure : le retour de Gisèle DELVILLE. On reconnaît Jean Claude WILLAME à son côté ; à sa droite un garçon qui pourrait aussi nous rappeler son nom… À l’extrême droite, Pierre SAILLEZ regarde avec intérêt la fille prise de dos à l’extrême gauche.
Le mercredi 1er juillet, nous découvrions le film : « Impératrice SISSI ». Le 2, l’actualité métropolitaine nous rattrapait : ce fut congé à l’occasion du mariage du prince Albert et de la princesse Paola.
Le vendredi 3 nous rassembla pour une première série de photos souvenirs officielles avec les profs. Sur la
photo 1919 Gaston trône au milieu de ses ouailles, nous lui faisions honneur : pas un seul échec chez les scientifiques ! De gauche à droite on voit André BOLLO, Yvon BULTOT, Franz ANSIEAU, Mr VANDERWILT, Jean Pierre SUTTOR et Albert QUINTENS. Sur la photo 1920, toutes les rhétos sont réunies : gréco-latines, scientifiques, économiques francophones et néerlandophones. Debout de gauche à droite : Gaston VANDERWILT, Yvon BULTOT, Albert QUINTENS, André BOLLO, Jean Pierre SUTTOR, derrière lui Charles de SEMMERIES, Pierre SAILLEZ, Franz ANSIEAU, Robert MORTIERS, Gustave FABRIZI, , puis Pierre VANKERKVOORDE, Willy CLAESSENS, Josef MOUBAX, Jean Pierre LAURENT, Marc VERBOIS, Victor HERMAN, le père JANSENS et Henri PIETERS. Accroupis, on voit Mr GEERTS, Klaus HUYS, Yves GILON, Christakis CHARALAMBIIDS, Charles BORGERS, Alain DELVILLE, Auguste FABRIZI. Derrière Jean DEPELCHIN et Pol de LIL. Ces photos eurent lieu après les derniers examens. Sur la 1918, on retrouve les 3 leaders de l’équipe des profs ! Mr VANDERWILT, le père Emile JANSENS et Mr GEERTS.
Le samedi 4 juillet, il y eut la fête de gym au pensionnat de la Sainte Famille et nos collègues féminines rivalisèrent de grâce et de souplesse pour démontrer à leurs parents et amis qu’elles savaient aussi exécuter de magnifiques prestations. La
photo 1903 montre le pensionnat vu du Plateau de l’école professionnelle des frères. Les photos 1904, 1905, 1906, 1907 et 1908 illustrent mes propos.
Le dimanche 5 fut l’occasion d’une dernière excursion familiale dans la plaine où nous arrivâmes entre autre dans le domaine des sources d’eau chaude (HONGO). On en profita pour tirer 2 photos. Sur la
photo 1909, mon frère et moi prenons la pose. Sur la photo 1910 ma mère est venue nous rejoindre. Après un bon rafraîchissement au motel « Les Bambous » bien connu des bukaviens, nous revînmes assez nostalgiques vers Bukavu conscient que c’était sans doute la dernière fois que nous mettions les pieds dans ces endroits idylliques avant longtemps ! Pendant ce temps, à la séance de ciné du collège, on projetait le film : À pied, à cheval ou en voiture !...

 

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47 La dernière semaine.
Le temps s’emballe et les heures filent inexorablement. Le lundi 6 fut consacré à remettre les livres prêtés à la procure et à emballer ceux qui devaient revenir m’accompagner en Belgique. Pour être sûr d’avoir mes cahiers de math sous la main, je les mis dans une des valises que nous reprenions avec nous. Mal m’en prit, car à STANLEYVILLE, on nous barbota cette valise. Je perdis ainsi mes 7 cahiers de math, mes plus belles chemises et ma mère perdit un chef d’œuvre de petite machine à coudre portable très utile.
Enfin, ce lundi soir-là, tous les rhétos se retrouvèrent avec les profs pour un souper d’adieu au resto de l’hôtel Résidence situé en face du magasin « SPORTVILLE ». Ce fut terriblement sympathique et nous découvrîmes les profs sous un autre jour. Ils étaient déjà en temps normal d’un abord accueillant (il n’y aurait pas eu besoin d’un mai 68 à BUKAVU) mais ici, toutes contraintes d’examens éliminées, ils pouvaient se laisser aller à nous inonder de leurs souvenirs d’ « univ’ » Ce fut très convivial, surtout qu’un orchestre de qualité jouait en « life » et que son guitariste chanta « Mon pot’ le gitan » d’une voix merveilleuse. Son interprétation en solo de « TEQUILA » fut sublime et je ne pus m’empêcher sur ce bon rock d’inviter la maîtresse de salle qui veillait à ce que tout se passe bien. Je puis vous assurer qu’elle dansait très bien… Comme cette soirée était chaperonnée par nos profs, nous avions à peu près tous la clef de chez nous (sauf les internes évidemment) et c’est à une heure très avancée que nous vîmes nos pieux !
Le lendemain, mardi 7 juillet, la corrida des valises, le tri pour les malles et les « au revoir » à gauche et à droite prirent toute la journée, le tout baigné par cette musique magique de la seconde moitié des années 50. Only you, Don’t be cruel, Island in the sun, et les dernières  nouveautés de 58 – 59 : Si tu vas à Rio, Sail along a silvery moon… Je crois que la dernière affaire qui fut emballée fut le tourne-disque portable ramené les vacances précédentes.
Heureusement notre boy « César », petit de taille mais costaud de nature
<,> nous aida fortement. Notre cher ami avait les larmes aux yeux tout en travaillant, triste de nous voir partir. Combien de fois n’a-t-il pas dit à mes parents : Bwana, ne partez pas sinon les « autres » vont nous manger ! Quand je réalise tous les malheurs qu’ont dû  subir les populations de Bukavu en particulier depuis 1960 je ne peux m’empêcher de penser à lui et à sa famille et de me dire qu’ils avaient vu clair depuis longtemps…
Le mercredi 8 vit le départ en congé du frère responsable de la procure, gentiment surnommé « Dupont ». Tous les rhétos et leurs profs furent reçus vers 10h00 en grande pompe par le père Recteur où l’on nous offrit le champagne svp ! Profs en complet veston et nous en « tubes » posâmes à nouveau pour la postérité. Nous venions d’apprendre que tous les rhétos avaient réussi ! Les photos
1922 et 1923 nous montrent bien joyeux, les bulles et la joie de la réussite y étaient sans doute pour beaucoup. Nous étions admis à la salle de détente des pères et ils nous servaient le champagne, quelle promotion !
Nous sentions que nous venions de franchir une étape importante. Nous faisions déjà figure d’anciens porteurs d’espoir pour notre collège qui comptait maintenant sur nous pour entamer comme il se doit notre vie d’adulte. Et c’est vrai que la majorité des élèves formés par notre collège lui ont fait honneur. Souvent quand je rencontre ou retrouve un ancien, je constate que j’ai à faire à quelqu’un qui a su prendre sa vie en main et qui à su s’épanouir dans le domaine qu’il a choisi. N’est-ce point là, tout compte fait, le but important d’une bonne formation de base doublée d’un bon développement de l’esprit.
Combien de fois avant de prendre une décision, de faire un choix, ne fais-je pas référence à ce que les pères JACQMOTTE, JANSENS, CROEGAERTS ou SOMERS nous ont inculqué. Combien de fois la rigueur avec laquelle Mr VANDERWILT imprima nos raisonnements ne me vint-elle pas en aide ! Je crois aussi que grâce à toute l’équipe des enseignants, nous ne sommes pas tombés dans le piège de la « jeunesse dorée » qui profite du bon temps en se reposant sur le pognon de papa et maman. Bien que nous passions pour des privilégiés, cela ne nous est pas monté à la tête.
Je ne puis que remercier une fois encore notre cher collège pour ce qu’il a fait de nous.

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48 Le point d’orgue de l’APEKA.
Ce mercredi soir-là, fut aussi une apothéose quant à nos rencontres mixtes. Sous l’œil attendri des profs et de leurs épouses qui tenaient le bar et le buffet (!!!), nous eûmes la soirée d’adieu des rhétos du pensionnat et du collège dans le cadre des réunions de l’APEKA. Comme on peut le voir sur la
photo 1911, Jean Pierre SUTTOR entraîne fièrement sa cavalière. Sur la photo 1912, je me trouve avec Michèle THULY qui sursaute au coup de flash alors que celui-ci laisse indifférent Yvon BULTOT et Sabine BRIBOSIA. Comme dans toute surprise-party de l’époque, nous mangions sur les genoux. La photo 1913 montre un essai de rassemblement de toutes et de tous … La photo 1914 montre qu’on y a réussi et vous trouvez ainsi : en haut de gauche à droite : Monique GENIS, Auguste FABRIZI, Yvonne van RIJMENANT, Maria VAN DE WATER, Josef MOUBAX, Marc VERBOIS, Albert QUINTENS, Jean Pierre SUTTOR, Catherine DECROËS, Alain DELVILLE, juste derrière Charles BORGERS qui se penche un peu vers l’avant ; un peu caché par Pierre VANKERKVOORDE, on voit Astrid d’YGEWAELE, Gisèle DELVILLE et André BOLLO. La rangée du fond des accroupis : Victor HERMAN, Sabine BRIBOSIA, Huguette LEBRUN, Gustave FABRIZI, Christiane CLAESSENS, Yves GILON, Betsy WYNANDY, Franz ANSIEAU, Klaus HUYS et Henri PIETERS. A l’avant plan : Nicole LEBRUN, Pierre SAILLEZ, Robert MORTIERS, Chantal LAURENT, Jean Pierre LAURENT, Willy CLAESSENS, Charles de SEMMERIES, Michèle THULY et Yvon BULTOT.
Soirée plein d’émotion, pleine de promesses aussi de ne pas se perdre de vue, échanges d’adresses en Boulaïa et prise d’un premier rendez-vous de retrouvailles vers la mi-septembre sur les escaliers de la fontaine de la place de BROUCKERE. La fontaine aujourd’hui est disparue mais le RV eut bien lieu et nous fûmes très nombreux à nous y retrouver.
Vers 01h00, la grande séparation eut lieu. La mère supérieure vint rechercher avec sa « station » les pensionnaires, les autres retournèrent avec leur frère ou père venus les reprendre… Encore un grand moment de passé nous rapprochant de l’échéance.
Le jeudi 09 fut le grand jour des préparatoires avec leur remise des prix et un spectacle jeu : « Les 9 provinces de Belgique et le Congo ». Mon père finit cette journée bourré d’amertume, c’était son dernier jour de contact avec ses sixièmes au collège.
Le lendemain, vendredi 10 juillet fut notre tour : la remise des prix aux humanités !
Après-midi théâtral où  nous brillâmes pour la dernière fois sous les feux de la rampe de notre belle salle des fêtes en interprétant un morceau de la pièce : « L’histoire de VASCO » de SHEHADE. Sur la
photo 1915 Vasco (Jean LEBRUN) le petit coiffeur indique aux militaires les positions ennemies. En face de lui de gauche à droite on trouve les colonels : Albert QUINTENS, Franz ANSIEAU, André BOLLO debout, Victor HERMAN, Josef MOUBAX et debout, Christakis CHARALAMBIDIS. Sur la photo 1916, Robert MORTIERS à droite prononce la sentence à l’encontre de Vasco au milieu en présence du témoin Mario TRIPEPI à gauche. Sur la photo 1917 tout le groupe est rassemblé après le spectacle. A l’arrière et dans le même ordre les 5 colonels de tantôt puis de gauche à droite : Massimo BOLLO, Yvon BULTOT, Gisèle DELVILLE avec Charles de SEMMERIES derrière elle, Charles BORGERS, … , Christakis CHARALAMBIDIS, …., Jean LEBRUN, Jean DEPELCHIN en retrait derrière, Jean Pierre LAURENT déguisé en dame, Auguste FABRIZI, derrière …, puis …, madame GEERTS notre célèbre habilleuse, …, le père JANSENS et quelques machinistes dont PERSOONS. Je prie instamment ceux que je n’ai pu citer de se faire connaître par le biais du livre d’or.
Notre rhéto finissait en beauté
<,> car notre cher camarade Christakis qui avait passé 12 ans au collège se voyait décerner la médaille d’or du gouvernement pour avoir été premier de classe les 12 années consécutives.
Cette fois ça y est ; le dernier jour d’activités est terminé. La dernière nuit à Bukavu commence. Je vous avouerai que j’ai plutôt mal dormi cette nuit-là.

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49 L’heure a sonné.
Le samedi 11 juillet 1959, journée fatidique, levés à 06h00 et prêts à 08h00, nous passâmes par le rendez-vous habituel de l’AMI au centre-ville où nous prîmes le minibus pour KAMEMBE. Après un dernier adieu au sol à notre collège (
photo 1924), nous prîmes la direction de la plaine, passant une dernière fois en face de la maison. Vers 10h30 nous étions au pied du bâtiment SABENA. Là nous attendait un superbe DC3 qui devait nous amener à Usa (décidément je ne m’y ferai jamais d’appeler cette ville « Bujumbura » comme maintenant).
Comme d’habitude, un comité d’accompagnement nous attendait aussi, formé de copains et de copines qui restaient à BUKAVU,
mais qui tenaient à venir faire leurs adieux aux partants. Sur la photo 1925 mon frère à gauche manipule un papier ; contre la balustrade, le copain Michel PAZ, aux allures d’Harry BELAFONTE, est à côté du célèbre trompettiste de l’orchestre des « Star Boys » du collège : Michel STAVRIANOS, assis lui sur le pilastre. Devant, mes amies Christiane, Francine et Eliane VERBOVEN ont comme les autres le sourire mitigé des moments de séparation… Nos familles ont été très proches cette dernière année passée à Bukavu et elles avaient tenu à nous accompagner ce dernier jour. La tradition était donc respectée.
Puis ce fut la vraie séparation, l’appel au micro et l’embarquement. Le DC3 malgré la piste un peu limite prit son envol sans difficulté. Le survol du lac, de Bukavu, un dernier regard vers le collège (
photo 1926), la cathédrale et l’on pique des deux moteurs vers Usa où nous nous posons quelques 40 minutes plus tard. Inutile de vous dire que je n’ai pas beaucoup parlé durant ce vol et que comme en 1955 à mon arrivée dans ce pays, je gravai dans ma mémoire tout ce que je voyais par le hublot et que je voyais sans doute pour la dernière fois.
L’installation à l’hôtel se fit sans problème,
mais je me souviens être resté assis longtemps sur la barza, un coca à la main et la tête vide. Après la forte chaleur de l’après midi, caractéristique à la plaine d’Usa, je décidai de me jeter dans l’eau du bassin de natation d’Usa qui se trouvait à deux pas. Cela me permet de vous raconter une dernière anecdote suite à un petit incident vestimentaire, assez marrant pour moi <,>
mais moins pour la personne concernée. En fait, sortant de sa cabine située près de la mienne, Robbie HALLOT, bien connue des grands collégiens et amie de Jean Marie LIBBRECTH, arriva paniquée près de moi en bikini tout en tenant fermement le slip de celui-ci du côté gauche entre ses doigts. Me reconnaissant, elle souhaita mon aide car en fait, les attaches du slip venaient de sauter et elle me demanda de le réparer avec les épingles de sûreté qu’elle tenait dans l’autre main car elle n’osait évidemment pas lâcher sa main gauche. J’officiai avec plaisir et note Robbie pu enfin faire trempette ; moi aussi d’ailleurs.
Fin de journée…, dernier coucher de soleil africain sur le TANGANYKA et cette fois : ultime nuit sur le sol africain. Le lendemain dimanche 12 juillet, vers 11h00 nous fûmes à l’aéroport. Différents départ étaient programmés : Kindu, Stan, Léo, Eville et le tout dans le désordre comme au tiercé. C’est pourquoi, tous les partants devaient être là mi-matinée et attendre les appels. Albert et sa maman rentraient aussi en Belgique mais par Léo ; nous nous retrouvâmes donc pour nous soutenir moralement. C’était sans compter sur la solidarité africaine, car quelle ne fut pas notre surprise en voyant se pointer Yvon BULTOT, André BOLLO et Jean Pierre SUTTOR, habitant Usa, qui s’empressèrent de venir nous rejoindre. De ce fait, jusqu’à la dernière minute, nous fûmes entourés. Sur la
photo 1927 de gauche à droite on voit Massimo BOLLO, son frère André, Jean Pierre SUTTOR, moi-même, Albert QUINTENS monté sur la balustrade et puis une série de 6 jeunes collégiens dont je voudrais retrouver les noms. A l’arrière-plan, les avions attendaient. Sur la photo 1928 la première scientifique se retrouvait à nouveau au grand complet avec de gauche à droite : moi-même, Yvon BULTOT, André BOLLO, Albert QUINTENS et Jean Pierre SUTTOR. A l’arrière plan, le DC4 qu’Albert et sa maman devaient prendre. Ces derniers moments passés ensemble me firent très chaud au cœur. Les souvenirs et anecdotes fusèrent de tous côtés et les promesses de se revoir en Belgique furent réitérées. Et puis le couperet tomba, Albert partit le premier pour Léo ; la photo 1929 montre son DC4 en cours de décollage. Une demi-heure plus tard, ce fut le nôtre pour Stan qui prit son envol.
Adieu Kivu, adieu collège. Sur la
photo 1930, on trouve le blason du collège et sa « Stella Duce ».
Et comme le hasard fait souvent bien les choses, ce 13 juillet 2008 à 22h35, jour pour jour 49 ans après notre retour en Belgique, Pol JACOB m’envoyait la photo du drapeau du collège et ce grâce au père de WILDE notre cher « Barre à mines », présent sur place, qui a réussi avec beaucoup de ‘mayele’ (comme dit Pol) à obtenir ce drapeau. Je vous le livre sur la dernière
photo 1931 !

 

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50 En guise de conclusion…
Je ne remercierai jamais assez le ciel et mes parents de m’avoir donné la chance de vivre ces 1296 jours en ce pays merveilleux qu’était le Congo Belge et l’ambiance absolument incomparable de la vie à Bukavu et en particulier de celle vécue au collège. Avec le recul du temps et le fol enchaînement des événements dramatiques ininterrompus depuis 1960, je me demande parfois si je n’ai pas rêvé. Heureusement que les faits sont là, confirmés par les photos, les récits et les documents d’époque. Un tout grand merci aux différentes équipes qui se sont occupées d’ « Orientation ». Nous avons là une mine magnifique de renseignements et de témoignages merveilleusement crédibles que pas mal de détracteurs de la colonie feraient bien de lire. Grâce à ces inlassables journalistes en herbe et le support des pères jésuites ils ont pu jour après jour « pointer » des milliers de moments de vie qui ont fait notre quotidien. Dans le respect d’autrui, quels que soient sa race, son pays, sa couleur, tout élève du collège se sentait chez lui et tous quand ils y pensent disent : Mon Collège !
Tout au long des récits et témoignages que je vous ai livrés quant à mon modeste passage à Bukavu (de Noël 1955 à juillet 1959), j’ai fait de mon mieux pour vous faire partager mes découvertes, mes impressions, mes états d’âme et mes souvenirs relatifs au collège. J’espère avoir fait résonner en vous une nostalgie franchement constructive en vous rappelant que quelque part dans le monde il y eut et qu’il y aura encore des endroits où les valeurs humaines  passaient avant le reste.
Merci à tous ceux qui de près ou de loin m’ont aidé dans la réalisation de cette partie du site en me rappelant des dates, des lieux ou en me fournissant des photos me permettant de mieux boucler certains sujets. Merci à Jean Marie HOCK et à Stéphane KOZYREFF pour avoir élaboré un site aussi convivial. Merci enfin à André BONSANG qui m’a permis de m’exprimer en me proposant de collaborer avec lui, il est l’étincelle qui mit le feu aux poudres de ma mémoire et de ma volonté de décrire avec le plus de précision possible ce que nous vécûmes là-bas…
Avec toutes mes amitiés,

Franz

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