02 - Le collège en ce temps-là, de 49 à 55, très précisément  mais d'abord petit quiz pour s'amuser
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Voici d'abord un petit QUIZ.  Ce n'est qu'un jeu..

Pas trop rouillée la mémoire ? Voyons ça. Toutes les réponses sont dans les différents textes qui suivent, mais les anciens devraient être capables de répondre directement en secouant un peu cette chère faculté du souvenir. Essayez et rendez-vous pour les réponses à la page spéciale qui leur est réservée, en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Petit test à 20 points. Aurez-vous :

Une carte dorée (Très Bien 20-18), une rouge (Bien 17-15), une orange (Assez Bien 14-12), une bleue (Insuffisant 11-9), une jaune (Mal 8-7).. ou une carte verte (Très Mal 6...) ?

1) Quels étaient les nom et prénom du père Ministre de ce temps-là ?

2) Que vous rappellent : a) Cyangugu, b) Kawa, c) Kamembe, d) Katana ?

3) Complétez le titre de cette pièce de théâtre jouée en février 53: "Le train......"

4) Quel était le surnom de notre ténor national ? (Prof de poésie, il signait les reportages du nom de Victor Lavu et c'est lui qui nous faisait répéter les chants à la chapelle)

5) En quelle année Costermansville est-elle devenue Bukavu ?

6) Quel était le nom latin des billets de permission que signait le père préfet?

7) Quelle était la hauteur depuis le terrain de foot jusqu'au sommet de la croix?

8) De ces cinq lieux (chapelle des boys, bureau du père recteur, grande salle, grotte Notre-Dame, dortoir-infirmerie), lequel est le plus éloigné des quatre autres ?

9) Sur la colline en face des patinoires, côté sud, il y avait un grand bâtiment qu'on éclairait de nos lampes-torches. On le nommait par trois lettres. Quelles étaient ces trois lettres et.. que signifiaient-elles ?

10) Voici trois des plus fameux joueurs du Victory des années 50 : Brooz, l'intérieur droit, Cuypers (dit Cupidon), le gardien et le Père Janssen, centre-avant qui marquait beaucoup de la tête. Quels étaient leurs prénoms respectifs ?

11) Que faisait-on les jours de semaine à 6,05h du matin exactement, chez les grands et les moyens ?

12) Rendez à chacun sa spécialité : a) Van der Vorst, b) Prouvé, c) Zaman, d) Van de Vyver, e) Joossen, f) Père Joseph Cuypers

13) Buffle, lion et grue couronnée. Qu'est-ce que chacun de ces trois animaux avait à voir avec le collège ?

14) Comment s'appelaient ces jeux variés d'extérieurs et d'intérieurs (siamois, grenouilles, kangourous, gymkhana, chars romains,.. combat naval, ping-pong, etc..) que l'on faisait en une journée de congé et qui nous permettaient d'accumuler des points pour une tombola finale ? C'étaient les jeux de ........


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Il y a plus de cinquante ans, .. une paille...

Nous ne parlerons ici, bien sûr, que du collège N.D de la Victoire vu de l'internat, et accessoirement de Cost (Bukavu) ou du Kivu et du Rwanda, mais uniquement pour la période de septembre 49 à juillet 55. Car c'est la période où nous y avons été en pension tous les deux (six ans, un tiers de notre vie, à cet âge, c'est énorme quand on y a vécu ce qu'on a vécu). Jacques est arrivé, tout petit en 1947 à dix ans, et moi en 49 à onze ans... Nous avons quitté notre alma mater tous les deux en 55, moi en juillet, lui en septembre.. (Pour les débuts, voir page Bienvenue “Origines du collège”).

Mais attention, nous ne pourrons jamais témoigner de tout le collège, ni de tout l'internat durant ces six années. En effet les souvenirs et les témoignages sont très relatifs. Le témoin a son rayon d'action, sa zone d'observation. Ainsi la première année, en 1949-50, j'étais en sixième année primaire chez les petits. Je ne connaissais que très peu la division des moyens et encore moins celle des grands. Ne me demandez pas de parler de leurs professeurs, de leurs excursions en cette année... Et en 1954-55, lorsque j'étais en poésie, la division des petits m'était tout à fait devenue étrangère, elle avait même déménagé ses pénates plus loin où nous n'allions jamais.

« Tempus fugit » a dit le poète. Cela signifie « Le temps fuit » . Est-ce Horace qui a écrit cela ? En tout cas, il avait diantre bien raison. Et Lamartine aussi qui se lamentait : « Le temps m'échappe et fuit.»
Toujours est-il que si, en général et pour les gens ordinaires, une génération dure de vingt à trente ans, pour nous les extraordinaires collégiens que nous étions, le temps d'une génération passait en cinq ou six ans : les deux ou trois promotions qui nous précédaient et les deux ou trois qui nous suivaient. Nous ne connaissions vraiment pas les élèves plus âgés ou plus jeunes que nous, passé un terme de trois, maximum quatre ans..
Ainsi quand, par exemple, je lis, (au chapitre 10, dans le texte q) Serviettes-Cabines,) que Amand Nijs, Marc Suttor et Jacques Beaufort étaient nos champions de natation, à nous de la génération 49-55, je suis certain que l'ami Franz Ansieau, qui s'est mis à la tâche de rédiger la partie concernant les années 1955-1959 (la génération suivante), n'a pas dû les connaître comme tels et qu'à son époque il a sans doute fréquenté d'autres maîtres-nageurs. Et pourtant, seulement quatre ou cinq ans nous séparent.
Ainsi encore quand il est question ailleurs de théâtre, je me souviens en particulier de deux grands acteurs : Jean Samain et Jean-Marie Gille, mais s'ils n'avaient que trois ou même seulement deux ans d'écart, en réalité ils appartenaient à deux générations d'acteurs séparées. Samain était la vedette du « Chat botté », de « Jeanne d'Arc » et du « Courroux d'Achille » tandis que Jean-Marie triompha dans « Maître après Dieu » et dans « Bonne nuit, colonel ». Ils n'ont jamais été des rivaux sur les planches et la génération de l'un ne connut quasi pas la génération de l'autre. C'est tout dire. Il y aura encore un autre acteur : Jean Paquay, vedette incontestée du « Petit Poucet »,  de « Castelnaudary » et du « Petit prince » Il vécut en même temps que Samain, mais de trois ans plus jeune et dejà d'une génération différente.
Il est donc bien vrai que lorsqu'on est jeune, un trimestre c'est long. Et une année constitue toute une distance. Pensons-y bien, pour un gars de quinze ans : cinq années, c'est le tiers de sa vie, c'est l'équivalent de vingt ans pour un sexagénaire. Tout est relatif, même le temps.. C'est pas moi qui le dis, n'est-ce pas, Albert ? (Einstein)

 

En vrac comme cela, posons quelques jalons

C'est durant cette période que le collège s'est agrandi de ses nouvelles ailes (primaire et externat), du côté des frères Maristes (*ph.008  et 023). Et en 49, on venait juste de terminer la nouvelle aile de dortoirs chez les petits (*ph.002,034 contr à 006). Le Victory (*ph.601) allait gagner la coupe de Bève, puis la coupe de l'Est. Costermansville fait peau neuve en 1953 et s'appellera dorénavant Bukavu par coquetterie référendaire de ses habitants. En 49, Orientations (*ph.110) connaissait enfin une renaissance définitive. Les gros travaux d'agrandissement de la plaine de foot, côté ouest seront entrepris en 50. La chapelle sera refaite avec le nouveau chemin de croix (*ph.012) et le nouvel autel en pierres blanches dites pierres de France. Le réfectoire (*ph.011) d'abord d'un seul tenant pour les trois divisions, sera divisé par un mur médian séparant les petits des grands et moyens et la cuisine sera bientôt modernisée par des travaux qui dureront un an ou deux conduits par la grosse voix de broeder Bracaval. Le frère Prouvé (Dupond) dirigeait les fourneaux avec ses boys, tandis que broeder Joossen (Dupont) s'occupait toujours de la procure, de l'infirmerie et de la ciné-caméra. La grande salle, la salle de gym et les deux premiers courts de tennis venaient d'être inaugurés un peu avant (*ph.019). Le terrain de basket arrivera vers 1951. Monsieur et Madame Van der Vorst (*ph.182) étaient déjà là bien sûr et Monsieur Zaman (*ph.181) venait de se marier. (Bientôt tous les élèves auraient droit à deux ou trois dragées chacun pour l'heureuse naissance d'un fils). En 49-50, les surveillants étaient: Père Van de Straeten (Picard ou Tournesol) pour les tout petits, Van den Abeele (Marie-qui-louche) pour les petits, De Crombrugghe (Fossile) chez les moyens et le père Jansen (pas de surnom, mais un prénom: Émil) pour les grands. Évidemment le préfet était le père Jean Smets (le pif), Ernest Van den Broek (*ph.137) était notre père ministre, tandis que notre recteur s'appelait le père Paul Croonenberghs (alias Bidon). (*ph.135)

Note:- Il serait bon que je vous demande une fois pour toutes d'excuser les fautes d'orthographe bien involontaires que je pourrais commettre dans la rédaction des noms de nos pères et frères : je prie les personnes ainsi offensées d'excuser ces petites méprises. Mais je n'ai jamais eu la bosse du flamand, or ne l'oublions pas, nous étions dans la province flamande des divisions belgo-jésuitiques...

Pendant ces six ans, aussi, Jacques et moi évoluerons des huitième et septième années, encore chez les petits, jusque la troisième moderne et la poésie. Durant ces années, la gym matinale fera son apparition sur les barzas longeant les dortoirs, à 6,05h très précisément, la fanfare et l'orchestre vont naître et enchanter nos coeurs, on instaure la clôture dans l'aile ouest (façade) (*ph.032 puis 022 et 033) pour protéger la vertu de nos révérends pères et les tenir à distance de toute engeance féminine (de toute façon bien rare dans nos murs) et enfin la salle de théâtre applaudira des pièces mémorables comme Le petit Poucet, Le petit prince, Sans nouvelle de l'S 14, Le train fantôme ou Bonne nuit colonel et des artistes et explorateurs de renom comme les Mahuzier, Lachenal, Haroun Tazieff, Charles Trenet, Alain Bombard, Alain de Prelle...

En ces temps mémorables,...

... il n'y avait pas de TV. C'était le tout début des enregistrements sonores. Les photos couleurs étaient exceptionnelles, quelques très rares privilégiés avaient une caméra 8mm (double huit, même pas encore super huit). On ne connaissait pas encore la photocopie. C'était le temps glorieux des stencils à alcool et à encre (rotative Gestetner) et de la bonne vieille machine à écrire. Évidemment le mot ordinateur n'était même pas encore connu. C'était le règne des 78 tours, mais les fameux long-playing 33 tours commençaient à tourner. Pas encore les 45 tours. Les montres étaient on ne peut plus mécaniques et les horloges n'étaient même pas électriques. Pour communiquer un peu loin: pas de téléphone, mais le bon vieux télégramme. Et la messe était évidemment toujours dite en latin, donc les acolytes devaient se taper des mémorisations supplémentaires pour bien répondre...

Pie XII était encore notre pape immuable, Eisenhower, le fameux général du jour J (I like Ike) remplaça Harry Truman en 53.Derrière le rideau de fer on apprit la mort du p'tit père des peuples, Staline en 53. La guerre de Corée bat son plein. Et Marshall (le général du plan) sera limogé en 53. En France, Vincent Auriol et René Coty tricotaient les dernières années de la quatrième république attendant de Gaulle, en Angleterre lord Attlee puis sir Winston Churchill furent les premiers ministres d'une nouvelle reine Élisabeth 2 couronnée en 52, et la nouvelle république fédérale d'Allemagne avait pour chancelier Konrad Adenauer. Enfin si le Canada et le Québec étaient encore dans la grande noirceur du moyen-âge socio-politique, (la black sister, comme on dit ici au Québec d'où j'écris ces lignes), la Belgique, elle, qui a vu un jeune souverain de 21 ans monter sur le trône en remplacement de son oncle, le Régent Charles, s'active énormément dans la formation de nouveaux pactes, de nouvelles alliances (Bénélux, OTAN, CECA...). Et le Congo connaît sans doute ses plus belles heures de gloire.

En ce temps-là, nous avions tous des boutons à nos culottes, des lacets à nos souliers et des bretelles pour soutenir nos rares pantalons. Les vélos n'avaient pas de vitesses, les voitures n'avaient même pas encore de clignoteurs, eh non ! (alors, vous pensez, les vitesses automatiques, le « cruise control » et l'air conditionné, c'était  même pas encore un rêve de science-fiction..). À cette époque, tous les dictionnaires Larousse avaient chaque année la même grosse couverture cartonnée rouge avec le fameux dessin : « Je sème à tout vent », rappelez-vous : cette jeune femme qui soufflait sur la tige graminée d'un pissenlit . (Quand je dis « rappelez-vous », je m'adresse aux quinquagénaires et plus, évidemment...)

En ce temps-là, l'Uruguay en 50, puis l'Allemagne en 54 seront champions du monde de foot, Les Fausto Coppi et Louison Bobet règnent sur les routes du Tour de France. - À cette époque encore, on fredonnait: "Aïe, aïe, aïe, Maria! - Maria de Bahia..." Et moi, j'ai toujours cru qu'il fallait dire: Maria de Maria.. Je ne connaissais pas encore Bahia et n'avais absolument pas conscience que cette Maria-là venait du Brésil. C'est bien pour dire... Parlant chansons, vous souvenez-vous de " Ma p'tite folie ", de " Ma cabane au Canada " et surtout de " Étoile des neiges ". Et la rengaine: "Hé-ba-be-li-ba!"? Edith Piaf nous chantait la "Vie en rose" et Yves Montand serinait "C'est si bon", Les Compagnons "Les trois cloches" et Trenet sa "Douce France!" ou encore "La mer" En anglais, j'aimais beaucoup: "Jezabel" que Frankie Laine lança en 51. Plus tard, vers 54, 55 viendront Brassens " Cachez ces rouges tabliers " et Bécaud " C'était mon copain ".. Le grand Hergé se préparait à envoyer Tintin sur la lune. Jacques Brel, après quatre ans de cartonnerie, venait de faire le grand saut à Paris. Quant à Eddy Merckx, notre troisième future gloire nationale, il était encore un tout jeune écolier tout simplement, comme beaucoup d'autres, comme nous aussi..."

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